Œuvre de la semaine – Karl-Birger Blomdahl: Aniara
- 1 mai 2017
Sur la terre a lieu le décollage du vaisseau spatial "Aniara", avec huit mille personnes à son bord. Pour la plupart, ce sont des fuyards qui recherchent un nouvel avenir dans les froides toundras de la planète Mars, car leur planète a été contaminée par des rayons radioactifs. En cela, le voyage de l'Aniara ne présente rien de particulier, ce n'est que l'un des milliers de vaisseaux de l'espace qui effectuent le mouvement pendulaire constant entre la terre et Mars. Mais un malheur arrive: le gouvernail du vaisseau est endommagé de façon irréparable dans un choc contre un essaim d'astéroïdes, et l'Aniara dévie irréversiblement de sa route. À bord, tous les participants au voyage sont confrontés à une issue dont chacun sait bien comment elle se terminera: dans le vide spatial et dans la mort. Les années passent, et la situation désespérée sur le navire a imprimé ses traces. Formation de sectes, consommation d'opium, sacrifices humains et perversion sexuelle sont le quotidien. Lors de la fête d'un jubilé du vaisseau sans espoir, le miracle se produit: une poétesse aveugle s'avance et annonce qu'elle a eu la vision d'une ville céleste qui va tous les sauver. Le dictateur du vaisseau la fait enfermer pour cette prédiction. Dans la dernière nuit de l'Aniara, la pilote, devenue désormais inutile, danse devant le cachot de la poétesse. Lorsque la prisonnière meurt, une lumière fantômatique se répand sur les passagers eux-mêmes figés à l'état de corps sans vie.
Aniara de Blomdahl: un opéra en forme d'étude de la société contemporaine
Aniara, composé entre 1957 et 1958, repose sur l'épopée de même nom due au poète Harry Martinson, et comporte beaucoup de traces du développement et des dangers de l'énergie atomique caractéristiques de cette époque. Musicalement parlant, cette revue lyrique est un véritable microcosme multistylistique: chansons, formes en miroir, pièces orchestrales ponctuelles, polyphonie chorale, jazz outrancier, musique dodécaphonique, rythmiques bruitistes – le tout dans un mélange de musique électronique et acoustique. La cellule germinale de la partition est un accord fondamental qui se développe dans une série constitutive de douze notes et intervalles. La musique de Blomdahl travaille essentiellement sur de petits intervalles, qui, sous le coup des émotions, s'élargissent en de plus grands écarts.
Aniara n'est ni un opéra de caractères, ni un opéra d'action, mais peut en fait être qualifié 'd'opéra de situation' en tant que drame collectif de l'humanité au temps de la conquête spatiale. – Karl-Birger Blomdahl
Après cette première, Aniara sera également visible à Malmö les 11, 14, 21 et 30 mai, ainsi que les 2 et 7 juin.
Photo: © Malmö Opera (Mise en scène de l'Opera Malmö 2017)