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Actualités

Œuvre de la semaine –Thomas Larcher: Ouroboros

Le 11 février, le nouveau concerto pour violoncelle de Thomas Larcher, Ouroboros, écrit à l'intention de Jean-Guihen Queyras, sera donné en première audition mondiale au Muziekgebouw aan't IJ d'Amsterdam, avec l'orchestre Amsterdam Sinfonietta. L'œuvre a fait l'objet d'une commande conjointe de l'Amsterdam Sinfonietta, du Muziekgebouw aan't IJ, de l'Orchestre de chambre de Suède, de l'Orchestre de chambre de Lausanne, de l'Orchestre de chambre de Norvège, du Münchner Kammerorchester et du Hong Kong Sinfonietta.

Le titre de cette œuvre nouvelle provient du symbole de la Grèce antique, l'Ouroboros, rencontré par Larcher au cours de la lecture d'un texte sur les symphonies de Brahms. Une série de motifs répétitifs donne à la musique un sens de circularité dans la progression des idées pour revenir ensuite au motif original. Écrites pour être jouées avec ou sans chef d'orchestre, les textures rythmiques complexes de l'œuvre exigent de l'orchestre qu'il écoute et qu'il joue à la manière d'un ensemble de plus petite dimension. Le violoncelle est bien plus l'initiateur de processus qu'outil de virtuosité central. Ouroboros est construit en trois mouvements, dont le deuxième est une longue cadence confiée au violoncelle solo et au piano.
J'aime écrire pour des instrumentistes et des chanteurs personnifiés. J'aime travailler avec les gens qui vont jouer ma musique. Connaissant le type de musique qu'ils apprécient et ce qu'ils sont capables de faire n'a jamais été pour moi une source de limites – au contraire, c'est quelque chose qui me force à aller plus loin, et à donner à chaque artiste une pièce qui réponde à ses possibilités. C'est vrai également dans le domaine des émotions – comment ils perçoivent le monde. - Thomas Larcher

Après cette première, Queyras redonnera l'œuvre avec le Sinfonietta d'Amsterdam entre le 13 et le 19 février, et avec l'Orchestre de chambre de Lausanne les 4 et 5 avril. D'autres exécutions auront lieu dans le cours des saisons à venir avec l'Orchestre de chambre de Suède, ainsi que ses homologues de Norvège, de Munich, et de Hong Kong.

Photo: Marco Borggreve

Œuvre de la semaine - Thierry Pécou: Soleil rouge



Soleil rouge est le titre de la nouvelle œuvre de Thierry Pécou jouée le 5 février 2016 à l'auditorium de Radio France à Paris. C'est à l'Orchestre philharmonique de Radio France qu'est confié ce concerto pour trompette, sous la direction de Mikko Franck avec en soliste Håkan Hardenberger (photo).

Une grande partie des œuvres de Thierry Pécou trouve son origine dans une inspiration extra-européenne. D'un côté, cela est dû à sa relation personnelle avec les Antilles françaises – d'où sont jadis partis ses ancêtres vers la France. Mais par ailleurs, voyager parmi différentes contrées et au sein de populations diverses représente pour lui une immanquable incitation à la composition. C'est ainsi, notamment, que sa grande Symphonie du Jaguar est en rapport avec l'Amérique précolombienne, tandis que sa pièce pour orchestre Orquoy lui a été inspirée par la musique des anciennes civilisations des Andes. La relation particulière des ces cultures musicales avec la tradition européenne est l'un des signes caractéristiques des compositions de Thierry Pécou.

Soleil rouge : un concerto sur les visions et les rêves.


La nouvelle pièce se réfère aux cultures indigènes d'Amérique du Nord. À cette fin, Pécou s'est rendu dans les réserves de communautés de diverses origines, dont il a étudié la musique cérémonielle des indigènes. C'est sur cette base que s'est édifié son concerto pour trompette et orchestre, ainsi qu'il le décrit lui-même :
Ce concerto a été conçu durant mon voyage chez les peuples indiens d'Amérique du Nord. Deux éléments importants de la musique cérémonielle de ces peuples, le chant et la pulsation des tambours, sont soumis aux attaques de la trompette et de la diversification des mélanges de timbres de l'orchestre. Le tambour n'accompagne pas ; il est la source, le noyau même du son. Le jeu d'ensemble de la trompette solo avec l'orchestre qui lui fait face est lui-même particulier : en aucun cas l'orchestre ne sert ni de "prolongation", ni de "caisse de résonance" au soliste, mais au contraire le porte en tant que centre d'énergie, créant la mélodie, les accords, les couleurs sonores, tandis que la trompette conjure les esprits et décrit les visions et les rêves qui naissent de l'élargissement de la conscience. – Thierry Pécou.

Hardenberger se fait souvent l'interprète de concertos contemporains pour trompette figurant au catalogue de Schott Music. C'est ainsi qu'il a interprété à plusieurs reprises le célèbre concerto de Bernd Alois Zimmermann Nobody knows de trouble I see. Cette pièce sera bientôt de nouveau rejouée par lui en Allemagne : les 27 et 29 février ainsi que le 29 mars 2016, il en sera l'interprète sous la direction musicale de Andris Nelson avec la Sächsische Staatskapelle de Dresde au Semperoper de cette ville.



Photo : Marco Borggreve 

Œuvre de la semaine – Toshio Hosokawa : Stilles Meer

Avec son nouvel opéra Stilles Meer (Mer calme), créé le 24 janvier 2016 à l'Opéra d'État de Hambourg, le compositeur japonais exprime le deuil ressenti pour les victimes du tsunami de 2011 et de la catastrophe nucléaire de Fukushima. L'œuvre est mise en scène par Oriza Hirata et placée sous la direction musicale de Kent Nagano.

Dans Stilles Meer, le personnage principal de Claudia pleure son fils bien aimé, qui a perdu la vie dans le tsunami de Tōhoku. Elle transforme sa douleur en chants et en prières bouddhiques. La cérémonie japonaise du Tōrō nagashi constitue un élément central de l'action : on dispose sur la mer des lanternes de papier qui symbolisent les âmes des morts afin d'être rendues à la source de la vie.

Un théâtre traditionnel se référant à l'actualité


Plusieurs influences se sont imprimées sur le livret de l'opéra : la base de la pièce repose sur la pièce de théâtre japonais traditionnel Sumidagwa. C'est là un sujet que Hosokawa a rencontré dans le Curlew River de Benjamin Britten, qui le situe dans un contexte chrétien. Dans Stilles Meer, cependant, c'est sur le caractère bouddhique originel de l'histoire que se trouve remis l'accent. Hosokawa précise également avoir été inspiré par la remémoration de la culture de sa propre patrie, et du travail qui y fut effectué sur les évènements traumatiques d'il y a cinq ans:
Le tremblement de terre de Tōhoku et le tsunami de 2011 de même que la catastrophe nucléaire qu'ils provoquèrent me ramenèrent à réfléchir de nouveau sur les forces naturelles et sur l'arrogance de l'homme. Ma musique est conçue en profonde harmonie avec la nature, et doit inciter à donner pour une fois un clair reflet du respect mais aussi, dans une mesure égale, de la crainte que l'humanité doit éprouver à l'égard des forces élémentaires de la nature, en étant donc bien conscient que vouloir la contrôler et la dominer, revient, au bout du compte, à la détruire. – Hosokawa.

Stilles Meer est donné à l'Opéra d'État de Hambourg en tout cinq fois du 24 janvier au 13 février 2016. Une relation thématique étroite se trouve exister avec la composition de Hosokawa intitulée Klage (Plainte), pour soprano et orchestre. Il s'agit ici aussi du deuil d'une mère à l'égard de son enfant mort également dans le tremblement de terre japonais. L'orchestre philharmonique d'État de Hambourg donnera cette pièce les 10 et 11 avril 2016 dans la grande salle de la Laeiszhalle. Dans ce concert, c'est la mezzo-soprano Mihoko Fujimura, titulaire du rôle de Haruko dans Stilles Meer, qui chantera la partie de soliste.

Photo: Staatsoper Hamburg

Œuvre de la semaine – Henri Dutilleux: Sur le même accord

Le 22 janvier 2016, le compositeur français Henri Dutilleux aurait eu 100 ans. C'est à l'occasion de cette commémoration que le BBC National Orchestra du Pays de Galles met à son programme son nocturne pour violon et orchestre Sur le même accord. Sous la direction de Thomas Søndergård, c'est la violoniste Akiko Suwami qui sera en charge de la partie soliste de la pièce, donnée au St David's Hall de Cardiff.

Une pièce "sur le même accord"


Sur le même accord est une pièce composée dans le cadre d'une commande destinée au London Philharmonic Orchestra, et dédiée à Anne-Sophie Mutter. Le point central en est un accord de six notes, qui apparaît constamment, aussi bien dans la partie de violon solo qu'à l'orchestre. Cet accord est ensuite présenté par le soliste dans la répartition en suite de ses six notes. Puis, le motif est répété en doubles sons, et on le retrouve au cours de la pièce en tant qu'accord, à différents groupes d'instruments et dans différents renversements. Le titre Sur le même accord est unique dans l'œuvre de Dutilleux, puisque c'est la seule fois qu'il nomme une pièce d'après un principe compositionnel. Mais pour ce qui concerne la manière dont une œuvre vient à être composée, il a déclaré:
Comment une œuvre est-elle conçue? – C'est un éternel mystère. – Henri Dutilleux

Au programme du concert du 22 janvier 2016 figurent également le Nocturne pour violon et orchestre de Debussy, et le Requiem de Mozart. L'orchestre national de la BBC National Orchestra du Pays de Galles prolonge sa thématique Dutilleux le 27 janvier en interprétant le cycle de mélodies avec orchestre Le temps l'horloge, avec la soprano Elisabeth Atherton.

Œuvre de la semaine - Giuseppe Verdi: Don Carlo



Le 16 janvier 2016 a lieu la première du Don Carlo de Giuseppe Verdi sur la scène principale de l'Opéra de Saxe à Dresde (Radebeul), dans une mise en scène de Michael Heinicke. La direction musicale est confiée à Jan Michael Horstmann. Cette réalisation de l'Opéra de Dresde se fonde sur le matériel musical du groupe Hermann, paru dans la série "Edition Meisterwerke" accessible chez Schott. Cette édition se distingue par la nouveauté de sa notation musicale, l'unification des partitions, des parties séparées et des réductions pour piano, ainsi que par de très complètes corrections par rapport aux éditions antérieures.

L'opéra Don Carlo montre comment l'amour et la jalousie peuvent exercer une influence sur la politique. Dans les années 1560, l'Espagne et la France sont sur le point de conclure une paix devant être scellée par le mariage du roi d'Espagne Philippe avec la princesse française Elisabeth. Mais cette dernière est amoureuse du fils du roi, l'infant Carlos. Consciente de son devoir, elle se détermine à l'encontre  de son inclination amoureuse et en faveur de la nécessité politique – elle épouse le roi Philippe. Tel est le point de départ de l'opéra. Dans la suite de l'œuvre, ce sont la jalousie et les tourments de l'amour qui guident les relations entre les personnages ainsi que leur comportement.

Le style de composition de Verdi dans Don Carlo


Verdi a laissé plusieurs versions de Don Carlo. La première composition sur le sujet date de 1867, et comporte cinq actes, qui furent représentés à l'Opéra de Paris. Selon les différents lieux de représentation, furent ensuite apportées diverses modifications légères, jusqu'à la représentation du Théâtre de la Scala de Milan, le 10 janvier 1884, qui présenta une version plus courte. C'est cette dernière version en quatre actes que présente ici l'Opéra de Saxe. Dans cette dernière, Verdi prend ses distances avec le genre traditionnel de l'aria, typique du bel canto. Il le remplace par des compositions de scènes dramatiques en solo, dont le monologue du roi Philippe "Ella giammai m'amò" ("Elle ne m'a jamais aimé") fournit un exemple. Le caractère dramatique de certaines scènes est encore renforcé par une autonomie accrue de l'écriture orchestrale.
Me voici maintenant devenu un parfait wagnérien ! Si les critiques avaient un tant soit peu prêté attention, ils auraient remarqué que ces choses-là se trouvent dès le trio d' "Ernani", dans la scène nocturne de "Macbeth", et dans bien d'autres de mes pièces précédentes. Il ne s'agit pas de se demander si Don Carlo est composé dans un style particulier ou non, mais seulement de savoir si la musique en est bonne ou mauvaise. (Verdi, lettre du 1er avril 1867 à Léon Escudier).

Après la première du 16 janvier suivent cinq autres représentations de Don Carlo jusqu'au 24 avril 2016, à Radebeul, Eisleben et Bad Elster.



Photo: Landesbühnen Sachsen / Hagen König

Œuvre de la semaine - Rodion Shchedrin : A Christmas Tale

Que pourrait-on trouver de mieux adapté à la période que la création d'un nouvel opéra de Noël ? Et voici justement que se joue, à partir du 26 décembre 2015 sur la scène du Théâtre Mariinsky de Saint-Pétersbourg, A Christmas Tale (un Conte de Noël) de Rodion Shchedrin, sous la direction de Valery Gergiev. Le matériau de la pièce est issu d'un conte écrit au XIXe siècle par l'écrivaine tchèque Božena Nemcova, "Les douze mois".

Shchedrin s'était déjà consacré à ce conte dès 1988. C'est aujourd'hui la traduction russe effectuée d'après le texte de Nicolaï Leskov qui a servi de base à Shchedrin pour ce nouvel opéra en deux actes. A Christmas Tale raconte l'histoire d'une mère et de sa fille partageant ensemble leurs efforts pour se débarrasser de la beaucoup trop belle et beaucoup trop bonne belle-fille de la famille. Elle forgent un plan consistant à envoyer l'obéissante enfant à la recherche de violettes au plus profond de l'hiver. Dans sa quête désespérée, la jeune fille rencontre les douze mois, qui lui viennent en aide.

Les compositions de Shchedrin se caractérisent dans une large mesure par l'originalité et la coloration de leur instrumentation. Interrogé sur l'origine de sa si bonne audition de chaque instrument pris isolément, il répondit un jour :
Je crois que je compose essentiellement à l'instinct. Au Conservatoire, j'avais quelques amis qui suivaient les mêmes cours que moi, et qui jouaient d'instruments différents, comme par exemple la contrebasse, les percussions, la clarinette ou la trompette, et nous faisions régulièrement de la musique ensemble. L'un de ces amis, trompettiste, me dit un jour : "J'ai rendez-vous demain avec une jolie fille, pourrais-tu jouer la trompette à ma place dans le petit orchestre ?" – "OK, je te ferai volontiers ce plaisir." Je ne savais pas vraiment jouer de la trompette, mais je lui dis de m'expliquer la chose en vitesse, et que je ferais de mon mieux." C'était à une époque où j'essayais tous les instruments de l'orchestre et me faisais ainsi un peu d'argent tout en apprenant beaucoup. Professionnellement, j'étais pianiste, et accomplissais en même temps mes cursus de pianiste et de compositeur au Conservatoire de Moscou.
– Rodion Shchedrin

Après sa première audition en création mondiale, A Christmas Tale  fera l'objet de quatre autres représentations d'ici le 10 janvier 2016 à Saint-Pétersbourg.

 

Œuvre de la semaine - Christian Jost : Death Knocks

Le 20 décembre 2015 est célébrée au Théâtre de la Ville de Giessen la création de l'opéra Death Knocks ( La mort frappe à la porte) de Christian Jost. Martin Spahr est au pupitre, Stephanie Kuhlmann assure la mise en scène.

Ce mini-opéra de 35 minutes pour mezzo-soprano, baryton et ensemble de chambre est fondé sur la pièce de Woody Allen du même nom. Dans cette pièce, le fabricant de textiles Nat Ackermann reçoit la visite totalement inattendue d'une dame séduisante, qui se présente comme étant la mort et lui déclare être venue le prendre. Nat commence par ne pas la croire et ne veut rien savoir de sa mission, car, tout bien considéré, il jouit d'une parfaite santé, et bénéficie en outre d'une position d'homme d'affaires prospère. Quand il doit admettre que c'est bien la mort qui se trouve en face de lui, il lui propose une partie de gin rami accompagnée du marché suivant : si c'est Nat qui perd, il obéira à son destin, mais s'il gagne, la mort devra lui accorder un jour de délai.
La mort : Quand viendras-tu enfin avec moi ?

Nat : Excuse-moi, mais je ne peux pas croire que tu soies la mort !

La mort : Pourquoi, tu t'attendais à qui, à Liz Taylor ?

Cette soirée lyrique, comprenant Death Knocks et l'opéra Savitri de Gustav Holst, fait également l'objet de trois autres représentations au Théâtre de la Ville de Giessen d'ici le 19 février 2016. En mars 2016 en sont prévues des représentations concertantes, au programme de la Max-Joseph-Saal de Munich ainsi que de l'Académie évangélique de Tutzing, avec des membres de l'Orchestre symphonique de la Radio bavaroise.

photo: © Rosa Frank, Hamburgisches Staatstheater (2009) / photo ed

Œuvre de la semaine - Andrew Norman : Split

Andrew Norman achève une année bien occupée avec la création mondiale le 10 décembre 2015 de son nouveau concerto pour piano Split, avec le New York Philharmonic. L'œuvre a été spécialement composée pour le pianiste virtuose Jeffrey Kahane, qui en exécutera la première audition au David Geffen Hall sous la baguette de James Gaffigan.

Ce nouveau concerto porte la marque de sa deuxième livraison d'œuvres pour piano ayant suivi la création très réussie de Suspend, en mai 2014 avec Gustavo Dudamel à la tête du Philharmonique de Los Angeles et le pianiste Emmanuel Ax. Split est un tour de force de 25 minutes en un mouvement. Dans son approche de la pièce, Norman s'est laissé inspirer par "l'esprit, la vitalité et l'expressivité" du jeu de Jeffrey Kahane. Il a également recours à un échange thématique tortueux entre le soliste et l'orchestre :
Je suis parti de l'idée de donner à Jeffrey le rôle d'un joyeux filou ravageant toutes les sections de l'orchestre au long de la partition, mais au fur et à mesure de l'avancement de la partition, il en devenait de moins en moins le trompeur et de plus en plus le trompé, protagoniste involontaire pris au piège d'un labyrinthe de causes et d'effets à la Rube Goldberg, cherchant, dans un désespoir toujours croissant, à trouver un chemin qui le sortirait de la folie pour retrouver un terrain plus paisible. – Andrew Norman.

Split a été composé en parallèle d'un autre concerto de grande envergure, Switch, pour percussion et orchestre, dont la première audition, exécutée le mois dernier par Colin Currie et l'Orchestre symphonique de l'Utah, fut acclamée comme "hyperkinétique" et "triomphe immédiat" (The Salt Lake Tribune). La première audition de Switch au Royaume-Uni a lieu le 15 décembre au Barbican Hall, Colin Currie se joignant au BBC Symphony Orchestra dirigé par Sakari Oramo.

photo: © Timothy Andres / photo ed

Œuvre de la semaine - Fazıl Say : Preludes

L'année dernière, en composant sa Suite pour saxophone alto et piano, Fazıl Say se consacrait pour la première fois intensément au saxophone. Avec la création de sa nouvelle œuvre Preludes pour quatuor de saxophones et orchestre à cordes avec percussions, le 30 novembre à la Brucknerhaus de Linz, il associe maintenant l'instrument à un plus vaste contexte. À côté de l'Orchestre Bruckner de Linz, placé sous la direction de son directeur musical Dennis Russell Davies, on entendra le Quatuor de saxophones Raschèr, coutumier de ce type de créations sur les scènes musicales.

Les appellations des différentes séquences formelles ont été empruntées par Say à quatre œuvres faisant toutes quatre partie des classiques de la littérature : "Siddartha" de Hermann Hesse, "Les Nuits blanches" de Fédor Dostoïevski, "La Métamorphose" de Franz Kafka, et "L'Étranger" d'Albert Camus. Dans Preludes sont introduits sous forme musicale quelques-uns des motifs rencontrés dans les mondes affectifs complexes de ces œuvres. Des éléments idiomatiques propres aux musiques orientales – comme des rythmes de danse extrême-orientaux qui, dans "L'Étranger", apparaissent d'abord aux percussions avant de se densifier en un jeu de questions-réponses confié aux quatre saxophones – confèrent à l'œuvre un souffle d'exotisme.
Toutes mes compositions, exactement de la même manière que ma vie, se déroulent entre ces deux lignées musicales (Orient et Occident). La musique turque est plus fortement rythmique, la musique allemande relève d'un grand passé historique. Les deux cultures s'influencent l'une l'autre. – Fazıl Say.

Une autre programmation de l'œuvre permettra, le 1er décembre, de l'entendre à la grande salle du Musikverein de Vienne. Au cours de ces deux concerts, Fazıl Say interprétera également le Concerto n° 12 en la majeur KV 414 de Wolfgang Amadeus Mozart.

photo: © Marco Borggreve

Œuvre de la semaine - Bernard Rands : Concerto for English Horn and Orchestra

Le 27 novembre 2015, l'Orchestre de Cleveland, avec en soliste Robert Walters, est l'interprète de la première audition mondiale du Concerto for English Horn and Orchestra de Bernard Rands. Lionel Bringuier est au pupitre de cette première ayant lieu au Severance Hall. Le Concerto de Rands fait l'objet d'une commande de l'Oberlin  College Conservatory of Music destinée à Robert Walters et à l'Orchestre de Cleveland. Walters, qui enseigne le cor anglais à Oberlin depuis 2006, est cor anglais solo de l'Orchestre de Cleveland depuis 2004.

Le Concerto for English Horn and Orchestra est une œuvre en trois mouvements dont les titres évoquent les caractères et les formes : Fantasia, Aubade, et Hommage. Le troisième et dernier mouvement constitue un hommage à Debussy dont la musique a exercé une forte influence sur Bernard Rands tout au long de sa carrière. On peut reconnaître dans la pièce une proximité particulière avec "Jeux" de Debussy.
Bien qu'aucune citation de Debussy n'y figure, l'esprit de "Jeux" y est évoqué – parfois ouvertement, ou, à d'autres moments, d'une manière quelque peu plus mystérieuse. – Bernard Rands.

Aux côtés du Concerto de Rands figurent au programme le "Prélude à l'après-midi d'un faune" de Debussy et la "Symphonie Fantastique" de Berlioz. Le même programme sera répété dans des concerts prévus les 28 et 29 novembre 2015.

Bernard Rands - profil
Concerto for English Horn and Orchestra - information
L'Orchestre de Cleveland