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Œuvre de la semaine – Frederic Rzewski / Andrew Norman : The People United Will Never Be Defeated

Portrait central d'Andrew Norman aux côtés de Frederic Rzewski en noir et blanc. L'arrière-plan illustre une manifestation historique avec une bannière rouge « REVOLUCIÓN POPULAR ».

Un manifeste musical réinventé pour une grande scène : The People United Will Never Be Defeated (Le peuple uni ne sera jamais vaincu) de Frederic Rzewski sera présenté en première mondiale pour orchestre le 12 mars 2026. Andrew Norman donne le ton avec l'ouverture cruciale, Theme and First Variation (Thème et première variation), à la tête d'un collectif de compositeurs prestigieux au New York Philharmonic, sous la direction de Gustavo Dudamel.

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Œuvre de la semaine – Kurt Weill: Street Scene

Le 22 décembre 2018 a lieu, au Théâtre de Münster, la première de l’opéra de Kurt Weill Street Scene (« Scènes de rue »). Hendrik Müller est à la mise en scène, et les rôles principaux sont tenus par Kristi Anna Isene (Anna), Gregor Dalal (Frank), Cedrik Runde (Willie), Kathrin Filip (Rose) et Garrie Davislim (Sam). La direction musicale est confiée à Stefan Veselka.

Weill, ayant vu à Berlin une représentation de la pièce de théâtre du même nom écrite par Elmer Rice, avait tout de suite eu l’intention d’en faire une pièce musicale. Son idée était celle d’un « opéra américain », mais Rice n’y donna son accord que dix ans plus tard. Il en résulta une synthèse d’opéra européen et de musique américaine de Broadway. La participation de Rice  à la pièce ne se fit pas seulement par son livret original, mais également par l’écriture des textes des chansons, réalisés avec le concours de James Hughes. C’est le 9 janvier 1947 que l’opéra Street Scene fut créé au Théâtre Adelphi de New York dans une mise en scène de Charles Friedmann et sous la direction musicale de Maurice Abravanel.

Kurt Weill – Street Scene : un opéra américain

L’action de Street Scene conduit le spectateur auprès des habitants d’un immeuble miséreux d’une rue de New York vers la fin des années 1920. C’est leur vie, avec ses espoirs, sa violence, ses amours et ses déceptions, qui se joue là, essentiellement sur le trottoir, entre cette soirée d’un très chaud jour de juin et le matin qui suit. Anna Maurrant a une aventure avec le livreur de lait, et tout le voisinage est au courant. Seul Frank, son mari, semble ne rien savoir de l’affaire, mais tout en se doutant quand même de quelque chose. Sa fille Rose est amoureuse de Sam, le fils des voisins, et tous deux rêvent de s’enfuir de cet environnement de pauvreté. Revenant chez lui à l’improviste, Frank trouve sa femme avec son amoureux, et les abat tous les deux. Choquée, Rose quitte alors son ami Sam, pour commencer une nouvelle vie meilleure avec son frère Willie.
Voici l’opéra américain enfin réalisé… La musique de Weill est dissonante, mélodieuse, cacophonique, brutale, violente et émouvante, et elle atteint à un incroyable paroxysme, avec un orchestre et des chanteurs qui aiment, pleurent, gémissent, et crient leurs joies et leurs malheurs devant l’arrière-plan de la dureté et de la saleté du grand drame historique de l’Amérique. – Musical Digest 1947

L’opéra de Weill est joué 9 autres fois d’ici le 23 avril 2019. Un autre spectacle de Kurt Weill peut être vu à Stuttgart à partir du 2 février, où le Schauspielhaus présente son ballet satirique avec chant Die sieben Todessünden (« Les sept péchés capitaux ») en version scénique.

 

© Musiktheater im Revier Gelsenkirchen

Œuvre de la semaine – Paul Hindemith : Thème et quatre variations

La nouvelle production du Ballet du Semperoper, « Labyrinth », présente à Dresde à partir du 3 novembre 2018 le Theme with four Variations (correspondant aux quatre tempéraments) de Paul Hindemith. C’est la chorégraphie originelle conçue par George Balanchine pour sa création qui y est dansée, dans une réalisation confiée à Nanette Glushak. Sous la direction de Nathan Fifield, la partie musicale de ce Ballet incombe au piano solo d’Alfredo Miglionico, accompagné par l’orchestre de la Sächsische Staatskapelle.

Les quatre tempéraments devaient à l’origine être créés en ouverture d’un programme de tournée du Ballet Américain en Amérique du sud. La commande pour la pièce fut passée par Balanchine en tant que directeur de la Compagnie. Cependant, en raison de la tournure prise par la guerre et des opinions de presse qui y étaient liées, on se vit dans l’obligation de retirer du programme l’œuvre chorégraphique de « l’ennemi de l’extérieur » qu’était Hindemith, bien que son œuvre ait déjà depuis longtemps fait l’objet d’une interdiction d’exécution de la part des nazis. C’est ainsi que Les quatre tempéraments furent d’abord créés à Winterthur, en Suisse, en 1943, mais seulement sous leur forme concertante, pour n’être finalement donnés sous leur forme scénique qu’en 1946 par la nouvelle Ballet Society récemment fondée à New York par Balanchine.

Paul Hindemith –  Les quatre tempéraments  : les tempéraments de l’homme antique

L’idée thématique des Quatre tempéraments a été inspirée à Hindemith par la théorie antique des tempéraments. Dans ce cadre, les humains pouvaient être répartis en quatre types de caractère : mélancoliques, sanguins, flegmatiques et colériques. À l’exemple de cette répartition, Hindemith conçut son œuvre en cinq parties. Dans la première partie est présenté le sobre thème central qui fera l’objet de variations dans les parties suivantes, en relation chaque fois avec l’un des quatre tempéraments de l’antiquité. Une partie de la forme musicale est présentée par Hindemith de la manière suivante : «  C est une sorte de valse, D, une pièce plus courte, et E tourne à la grande sauvagerie. »
Je me suis efforcé, dans ma chorégraphie, à donner une forme corporelle à la partition rigoureuse de Hindemith ; mes apports dansés représentent le négatif de son film en positif. […] Bien que la partition repose sur cette idée des quatre tempéraments, ni la musique ni la chorégraphie ne donnent par elles-mêmes une interprétation spécifique ou littéraire de cette idée. La compréhension qu’avaient les médecins grecs des tempéraments , n’était que le point de départ fourni au compositeur et au chorégraphe. – George Balanchine

La soirée de Ballet « Labyrinth » sera présentée cinq autres fois au Semperoper de Dresde d’ici le 21 novembre.

 

© Staatstheater Stuttgart / Foto: Ulrich Beuttenmüller (Jelena Bushuyeva, Ami Morita, Marijn Rademaker, Alessandra Tognoloni und Miriam Kacerova in Phlegmatisch)

Œuvre de la semaine – Harry Partch: Delusion of the Fury

L'édition 2013 de la triennale de la Ruhr avait permis de découvrir la création en Europe de Delusion of the Fury ("L'illusion de la fureur"), œuvre tardive mais œuvre-clé composée en 1965-1966. Cette production, réalisée ainsi avec l'Ensemble Musikfabrik dans une mise en scène de Heiner Goebbels a été alors jouée à Oslo, Genève, Amsterdam, Édimbourg, New York et Paris. Le 7 octobre 2016, on pourra la voir sur scène à Taichung (Taïwan), en création en Asie.


Harry Partch : le Don Quichotte de la musique ?


Les critiques contemporains de Partch l'avaient dépeint sous les traits de "Don Quichotte de la musique". Selon une vision plus actuelle, il fut un philosophe de la musique et un pionnier d'une haute inspiration qui, en tant que compositeur, fut l'un des premiers à se consacrer presque exclusivement à la micro-tonalité. Il inventa son propre système tonal, fondé sur 43 micro-tons purs très resserrés par octave. En outre, il fut également le concepteur d'un véritable cosmos sonore spécifique, essentiellement composé d'instruments à percussions de formes nouvelles et aux sonorités inhabituelles.

Le projet de théâtre musical de Partch Delusion of the Fury n'a rien de commun avec l'opéra traditionnel. Inspiré de mythes japonais et africains, il se présente comme une œuvre à mi-chemin du rêve et de la folie, intégrant tous les moyens théâtraux de la lumière, du mouvement, du chant, ainsi que la présence exceptionnelle de son instrumentarium. Ainsi est élaboré un théâtre hors de tout lieu, dans lequel tous les plans temporels se chevauchent, et qui est l'occasion d'un regard sur une culture qui nous est tout à la fois étrangère et en même temps familière. Partch tisse en deux actes une toile rituelle qui célèbre la vie et la réconciliation des vivants avec la mort.

Delusion of the Fury: « Cloud Chamber Bowls » et « Zymo–Xyi »


Une grande partie des quelque 25 sculptures sonores de l'instrumentarium exotique de Partch fait partie de la famille des marimbas – mais, du reste, de façon lointaine : le "Marimba Eroïca" se compose en fait de quatre tiges sonores géantes avec des corps de résonance. Dans le "Mazda Marimba", ce sont des ampoules qui produisent les sons ; pour le "Zymo–Xyi", des bouteilles d'eau-de-vie et de liqueur. Les "Cloud Chamber Bowls" ("bols de chambre à brouillard") ressemblent de loin à une boutique de lampes. Or, suspendues à un cadre de bois, ce ne sont pas des lampes, mais la partie supérieure de très grands récipients de laboratoire en verre, découpés et accordés grâce à un polissage. Jouées avec des mailloches de feutre, elles sonnent comme un glockenspiel grave.
Je pense que ma musique est vraiment liée au corps. Elle possède un feeling corporel. L'apparence des instruments est pour moi importante. Ces objets sont inscrits dans l'espace, ce sont des produits de l'espace. Et puisqu'ils en font partie, il faut qu'ils aient beaucoup d'allure et qu'ils soient eux-mêmes source d'inspiration. Toute personne qui en joue fait aussi partie de l'instrument. Il s'agit d'une unité, d'un ensemble. Et, mon dieu, si je puis dire quelque chose : l'instrumentiste en question ne devrait pas avoir l'air d'un cueilleur de prunes californien amateur en pleine cueillette ! – Harry Partch

Une autre représentation de cette production bien accueillie par le public est prévue à Taichung le 8 octobre 2016. Inspirée par la série de représentations de la triennale de la Ruhr et par l'Ensemble Musikfabrik, Schott a commencé la publication d'une nouvelle série : les partitions de Partch, uniques dans leur écriture, deviennent maintenant accessibles en partition d'études, sous forme imprimée ou par téléchargement. Vous pouvez trouver Delusion of the Fury en tant qu'exemple de démonstration gratuite dans Notafina grâce au lien ci-dessous.