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Œuvre de la semaine – Thomas Larcher : Symphony No. 2

Le 28 août est la date de la première exécution au Royaume–Uni de la  Symphonie No. 2 'Kenotaph' (2e Symphonie "Cénotaphe") de Thomas Larcher, dans le cadre des concerts-promenades de la BBC (BBC Proms) de Londres, jouée par l'Orchestre symphonique de la BBC placé sous la direction de Semyon Bychkov. Bychkov, à qui la symphonie est dédiée, a dirigé la première mondiale de l'œuvre avec les musiciens de l'Orchestre philharmonique de Vienne le 3 juin de cette année, à Vienne.

Alors que ses premières compositions s'étaient tout d'abord nourries de tout le poids de son expérience en tant que musicien de chambre, Larcher s'est peu à peu aventuré dans l'écriture pour des orchestres plus fournis, en commençant en 2010 par Red and Green (Rouge et vert). Cette pièce servit ensuite de base de travail à la création de sa première symphonie Alle Tage (Tous les jours) pour baryton et orchestre (2010–2015), qui fit suite au succès obtenu par A Padmore Cycle (Un Cycle pour Padmore) pour ténor et orchestre, en 2014.

Symphony No. 2  -  "Un tombeau pour les âmes oubliées et perdues"


Symphony No. 2 est une pièce de 35 minutes, une symphonie en quatre mouvements, qui conserve de fait, par endroits, la sonorité plus intime de ce qui était envisagé au départ – un concerto pour orchestre. Écrite pour un orchestre en grand effectif avec un important pupitre de percussions, la composition de Larcher parcourt différents niveaux d'énergie musicale, afin de rechercher une teneur et une structuration certes exploratoires, mais en parfaite connaissance des traditions et des formes classiques. Le sous-titre de la symphonie, "Cénotaphe", fait allusion à des monuments érigés pour la commémoration de personnes tuées à la guerre, ou, selon les propres mots du compositeur, "des tombeaux pour les âmes oubliées et perdues". Dans l'angoisse due à la continuation en Europe de la crise des migrations de populations, en particulier, Larcher transmet son sentiment dans cette œuvre.
"Des milliers et des milliers de gens se sont noyés en Méditerranée pendant qu'en Europe, tout le monde restait sur les côtés sans rien faire, se contentant d'observer la tragédie ou même de détourner le regard. [Cette symphonie] est le symbole de ce qui s'est passé et qui se passe toujours en plein centre de l'Europe". – Thomas Larcher

Les exécutions d'œuvres de Larcher, dans les prochains mois, comprennent Ouroboros, pour violoncelle et orchestre de chambre, par l'orchestre de chambre de Norvège le 13 septembre à Oslo, avec le violoncelliste Jean–Guihen Queyras et le chef Per Kristian Skalstad, et la même pièce le 13 octobre à Salford (Royaume–Uni) avec l'orchestre philharmonique de la BBC, le violoncelliste Matthew Barley et le chef Ben Gernon, en première audition dans ce pays. Le 6 octobre, à Bergen (Norvège), Edward Gardner dirigera A Padmore Cycle avec le ténor Mark Padmore et le Philharmonique de Bergen. Le Tonkünstler–Orchester Niederösterreich, sous la direction de Yutaka Sado, interprétera Red and Green en Autriche les 7 (Vienne), 8 (Grafenegg) et 9 octobre (Vienne).

Œuvre de la semaine – Christian Jost: An die Hoffnung

Dans le programme de son concert d'ouverture, le 10e festival de Grafenegg (Autriche) présente la première audition mondiale du nouveau Lied avec orchestre de Christian Jost An die Hoffnung (À l'espérance). Commande du festival, l'œuvre est interprétée le 19 août avec en soliste Florian Vogt, et le Tonkünstler–Orchester Niederösterreich dirigé par Yutaka Sado. C'est là une des rares occasions d'entendre le ténor dramatique Florian Vogt dans l'interprétation d'une composition contemporaine. Son arrivée sur le devant de la scène eut essentiellement pour occasion sa prise de rôle de Lohengrin au Théâtre d'Erfurt en 2002 – et ce rôle reste aujourd'hui encore l'un de ses rôles fétiches.

Après Krzysztof Penderecki (2007), Heinz Holliger (2008) et Jörg Widmann (2014), c'est maintenant Christian Jost qui occupe la place de compositeur en résidence auprès du festival de Grafenegg. Dans ce poste, le rôle de Christian Jost ne se borne pas à proposer ses propres compositions, mais lui permet également de diriger le Tonkünstler–Orchester et lui confie la responsabilité de l'atelier de composition et de direction "INK STILL WET" ("L'encre encore humide"), qui, depuis 2011, a lieu tous les ans, et, cette année, du 1er au 5 septembre.

Christian Jost, An die Hoffnung – Un recours moderne à Beethoven.

C'est en 1804, sous son opus 32, que Beethoven mit en musique le poème An die Hoffnung issu de l'Urania de Christoph August Tiedge. Neuf ans plus tard, il retravailla et développa cette composition de Lied, et une nouvelle œuvre parut avec le même titre sous le numéro d'opus 94. C'est cette version tirée de la période de création tardive chez Beethoven que Jost a prise pour point de départ de son œuvre orchestrale du même titre. Dans la section centrale de l'œuvre, Jost conserve la partie vocale originale ainsi que certains éléments harmoniques. Mais le Lied de Beethoven est cependant recomposé au sein d'une partie orchestrale entièrement nouvelle, dont l'instrumentation est semblable à celle de la 9e symphonie de Beethoven. Cette dernière trouve également sa place dans le concert d'ouverture du festival de Grafenegg.
C'est un paysage orchestral construit sur des tierces mineures, une composition bouleversée, au rythme pressant, qui, orchestralement parlant, confère à "l'espérance" beethovénienne une certaine fragilité. Elle conflue en un voile d'interrogation fait de tendres clusters, tissé dans les dernières lignes de Tiedge : "Là-haut, est-il un ange qui attende et compte mes larmes ?" – Christian Jost

Outre la création de An die Hoffnung, Jost présente au début du concert du 19 août sa Fanfare pour 9 cuivres – autre commande du festival de Grafenegg donnée en création mondiale. Dans la suite du programme du festival, Jost dirigera, le 25 août, sa CocoonSymphonie. Le 28 août, Georgy Goryunov jouera lautlos, de Jost, pour violoncelle solo ; Portrait, pour violon solo, pourra être entendu le 10 septembre, interprété par Sophie Kolarz–Lakenbacher.