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Œuvre de la semaine – Christian Jost: Dichterliebe

C’est le 8 août qu’a lieu, au Théâtre royal de Copenhague, la création au Danemark du cycle de Lieder de Christian Jost Dichterliebe (Les amours du poète), pour ténor et neuf instruments. Il s’agit ici d’une nouvelle composition de Dichterliebe op. 48 de Robert Schumann sur de textes de Heinrich Heine. Le compositeur lui-même est au pupitre de l’Ensemble Horenstein de Berlin, Peter Lodahl assure la partie de ténor et la scénographie interactive est due à Tabea Rothfuchs.

Dichterliebe est une commande du Konzerthaus de Berlin et du festival d’opéras de Copenhague qui a été créée le 21 octobre 2017 au Konzerthaus de Berlin. Dans sa composition, Jost relie le Lied romantique à des sonorités plus modernes. Il transforme, pour ce faire, la nomenclature instrumentale, qu’il agrandit, et modifie également la taille du cycle, qui devient deux fois plus long. La musique est complétée par des séquences vidéo qui proposent une mise en images des thématiques de la pièce. Ce mode de mise en scène a pour objet de permettre des exécutions dans toutes sortes d’espaces différents.

Christian Jost – Dichterliebe: le principe de la réflexion continuée


Les 16 Lieder de Schumann traitent d’une personne qui chante un amour perdu. Ses sentiments vont de la douleur au bonheur, du deuil à la légèreté, et évoluent entre le rêve et la réalité. Dans les textes de Heine, le Rhin est pris comme symbole de ce fleuve d’émotions. Jost lui-même fait appel à l’élément liquide dans ses Lieder : il compose un accompagnement fait de passages legato qui prennent la forme de vagues compactes, cependant que la voix du ténor semble toujours apparaître et réapparaître en faisant surface au-dessus des ostinati instrumentaux. Jost entremêle les mélodies originelles à la structure harmonique de sa composition, et en prévoit le développement. Tout au long du cycle, il prolonge de brefs motifs tirés de la partie d’accompagnement écrite pour le piano par Schumann, en leur conférant une profondeur supplémentaire.
« Le principe de la pensée prévisionnelle des contenus et de l’harmonie s’applique aussi bien au cycle tout entier qu’aux enchaînements  entre un Lied et un autre. Les transitions nouvellement composées – qui n’existent pas dans l’original puisque chaque Lied est refermé sur soi-même –constituent ainsi une mer harmonique sur laquelle les Lieder peuvent se développer comme des îles contribuant à la progression et à l’augmentation complexe du système schumannien. » – Christian Jost

La production est redonnée le lendemain au Théâtre Royal de Copenhague. Au cours de la nouvelle Saison, le Théâtre régional de la ville de Braunschweig présentera une nouvelle mise en scène de la version pour baryton du  Dichterliebe de Jost. Elle y sera proposée pour une dizaine de représentations en tout. En 2019 est également prévue la création en Pologne de ce cycle de Lieder.

 

©photo: Tabea Rothfuchs

 

Œuvre de la semaine – Huw Watkins: Four Fables

C’est le 31 juillet 2018 que sera créée la nouvelle œuvre de musique de chambre de Huw Watkins, Four Fables (« Quatre fables »), pour clarinette et trio avec piano, dans le cadre du Three Choirs Festival de Heresford, par le clarinettiste Robert Plane et le trio avec piano Gould.

Four Fables répond à une commande du Corbridge Chamber Music Festival passée à l’occasion de ses 20 ans d’existence. D’autres commanditaires y participent également, le Swansea International Festival, le Three Choirs Festival et le Wigmore Hall. Watkins a composé la pièce pour Robert Plane, clarinettiste solo de l’Orchestre national de la BBC-Pays de Galles, auprès duquel notre compositeur est compositeur-associé.

 Huw Watkins – Four Fables: le caractère du fantastique


Comme le titre le laisse entendre, Four Fables est constitué de quatre mouvements. Deux lents mouvements de lento y encadrent un allegro plus rapide qui forme le deuxième mouvement. La peu fréquente combinaison instrumentale d’une clarinette, un violon, un violoncelle et un piano est devenue célèbre grâce au Quatuor pour la fin du Temps d’Olivier Messiaen, bien que Watkins, en fait, se soit plutôt senti inspiré par le caractère fantastique des Märchenerzählungen (« Contes de fées »), pour clarinette, alto et piano de Robert Schumann:
 « Lorsque je commençai à composer ma nouvelle pièce, j’avais comme arrière-pensée les Märchenerzählungen (pour clarinette, alto et piano) de Schumann. Schumann portait de l’intérêt au « pictural » et au « fantastique », sans établir de relation avec tel ou tel conte en particulier. Je suis parti d’un point de départ semblable lorsque j’ai écrit ces quatre fables différentes. » - Huw Watkins

Après la création, Robert Plane et le Trio Gould partent avec les Four Fables en tournée en Grande-Bretagne, où ils sont reçus le 5 août par le Corbridge Chamber Music Festival, le 6 août par le Church Stretton Festival et le 30 septembre par le Swansea International Festival. D’autres exécutions sont prévues en 2019.

 

©photo: Benjamin Ealovega