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Œuvre de la semaine – Aribert Reimann: Lear

"L'opéra Lear d'Aribert Reimann, qui fait cette année l'objet d'une cinquième production, traite de la folie du pouvoir, de la solitude, de la perte de toute relation humaine, même avec ses propres enfants", déclare Markus Hinterhäuser, directeur du Festival de Salzbourg.



Le 20 août 2017, ce chef d'œuvre célèbre sa première dans le cadre du Festival, les musiciens de l'Orchestre philharmonique de Vienne étant placés sous la baguette de Franz Welser-Möst à la Felsenreitschule de Salzbourg. La mise en signe est signée par le réalisateur de théâtre et de cinéma Simon Stone.

Dès1968, le célèbre chanteur de lieder Dietrich Fischer-Dieskau présenta au compositeur avec insistance l'idée d'écrire un opéra sur cette tragédie de Shakespeare. Même si le sujet enthousiasma immédiatement le compositeur, ce n'est que quatre ans plus tard qu'il se sentit à la hauteur d'une telle thématique. Pour l'écriture du livret, il se tourna vers Claus H. Henneberg, avec qui il avait précédemment entretenu d'heureuses relations de travail, en particulier pour l'opéra Mélusine. Reimann cite pour sa part trois sources d'inspiration pour Lear: Anton von Webern, de qui il apprit la précision, Alban Berg, dont l'expressivité lui servit de modèle, et la musique indienne, qui influa sur sa conception du rythme. Afin de procurer un espace de jeu suffisant à la mise en œuvre de ses structurations sonores extrêmement complexes, le compositeur fait appel à un orchestre de 83 musiciens, parmi lesquels un effectif de 48 cordes.

Lear d'Aribert Reimann: la métamorphose en tant que miroir de notre époque.
Je découvris dans cette pièce un nombre de plus en plus important de constellations qui m'apparurent comme autant d'équivalents de notre époque. Toutes les choses qui arrivent ici peuvent arriver toujours et partout.– Aribert Reimann

Le roi Lear veut partager son royaume entre ses trois filles. À celle qui lui porte le plus d'amour sera attribué le plus grand territoire. Cordelia, qui ne peut trouver les mots pour exprimer l'amour qu'elle porte à son père, est bannie et quitte le pays en compagnie du roi de France. Kent, qui désapprouve la décision de Lear, est proscrit. Les deux filles les plus âgées et leurs époux se partagent l'héritage. À la fin, sombrant dans la folie, Lear cherche refuge auprès du cadavre de Cordelia, avant de suivre sa fille dans la mort.

"Durant deux heures et demie, l'auditeur se trouve écarté de la fosse d'orchestre par des grappes sonores de tous les degrés d'intensité, des frottements de quarts de ton, des surfaces sonores immobiles pendant des minutes entières puis se retournant tout soudain, des concentrations de cuivres d'une monstrueuse dureté, des décalages rythmiques déconcertants, des suspensions lyriques dans les parties de voix solistes. Ces moyens sonores, qui ont pour fonction de caractériser avec précision les personnages, les comportements, les situations, ne sont jamais employés en tant que matériel de démonstration." (Wolfgang Schreiber).

Au-delà de la première du 20 août 2017, vous aurez également l'occasion de voir cet opéra dans le cadre du Festival de Salzbourg les 23, 26 et 29 août.